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Personne ne détient la boule de cristal qui saura dire ce que sera l’évolution de la société après cette crise du coronavirus, mais je crois que chaque point de vue mérite d’être écouté pour participer à la réflexion. Alors je partage la théorie de la spirale dynamique de Clare Graves qui nous explique notamment l’évolution de l’espèce humaine.

L’évolution des sociétés vue par Clare Graves

Spirale Dynamique de Clare Graves
Spirale Dynamique de Clare Graves avec 8 niveaux et 2 cycles

La théorie, née dans les années 1950 et dont les résultats ont été publiés dans les années 70, a eu peu d’écho en comparaison avec Maslow que Clare Graves fréquentait. Formalisée en 1996 par Don Beck et Christopher Cowan, je suis certaine qu’elle peut résonner davantage pour le siècle que nous débutons.

La théorie de la spirale dynamique consiste à présenter l’évolution de l’espèce humaine sous forme de spirale.

Il existe 8 niveaux :

  1. BEIGE : la survie. Le monde est nature. Il faut faire le nécessaire pour rester en vie.
  2. VIOLET : la sécurité. Le monde est empli d’esprits. Il faut faire allégeance au chef du clan (l’ancien, le sorcier…) et respecter les rituels.
  3. ROUGE : le pouvoir. Le monde est une jungle. Il faut dominer en étant le plus fort ou le plus malin.
  4. ORDRE : l’ordre. Le monde est contrôlé par une Cause supérieure. Il faut en respecter les règles pour être récompensé plus tard.
  5. ORANGE : le succès. Le monde est un terrain de jeu. Il faut savoir utiliser les opportunités pour se créer une vie meilleure.
  6. VERT : l’harmonie. Le monde loge toute l’humanité. Il faut faire attention au bien-être des gens et trouver le consensus.
  7. JAUNE : la flexibilité. Le monde est un système complexe. Il faut trouver sa liberté sans heurter les autres.
  8. TURQUOISE : la globalité. Le monde est un réseau interdépendant. Il faut savoir faire des sacrifices pour le bien de la vie et de la Terre.

Chaque niveau comprend des aspects positifs et des aspects négatifs. Il n’y a pas de meilleur niveau. Le niveau suivant s’enrichit de tous les niveaux qui le précèdent.

L’évolution d’une société individualiste vers une vision plus globale

Clare Graves considère les 6 premiers niveaux comme étant le « Premier cycle ». Ce premier cycle se caractérise par des niveaux orientés sur les préoccupations individuelles, alors que le second – à partir du jaune – est orienté sur l’Être de manière globale : l’espère humaine mais également toutes les espèces vivantes. Il y a une réelle transition entre VERT et JAUNE : la prise de conscience de l’interdépendance de notre système.

Au début des années 1980, Graves nous positionnait au début du « Second cycle ». Nous avons désormais les facultés de comprendre les 6 premiers niveaux, notamment avec ses travaux mais également ceux de Maslow (ils se côtoyaient). Nous prenons conscience de l’importance de notre écosystème. L’écologie devient une préoccupation commune.

La crise du coronavirus nous fait évoluer…

Selon Graves, il n’y a que mouvement. L’immobilisme n’existe pas car l’environnement bouge sans cesse. L’évolution sur la spirale s’applique à l’espèce humaine mais aussi à l’être humain et aux organisations.

Pour lui, il existe des « bombes », qui accélèrent le passage d’un niveau à un autre. Parmi, ces bombes, il pourrait y avoir « une crise environnementale, des chocs culturels sur notre vision de nous-mêmes et de l’univers dans lequel nous vivons, des pandémies comme la peste, des effets imprévisibles du génie génétique ou encore le déclenchement possible d’une guerre nucléaire. » Cela pourrait donc être le cas avec la crise du coronavirus qui ferait alors évoluer la société.

Je peux voir quelques comportements qui supposeraient un « retour en arrière » : Trump qui suspend la contribution américaine à l’OMS par exemple.

Mais je crois que globalement, chacun d’entre nous avance sur la spirale. Cette crise remet en question des certitudes individuelles et collectives. Chacun est amené, en ce temps de confinement, à réaliser ce qui est superflu et ce qui ne l’est pas. On se questionne sur ses habitudes de consommation et peut-être sur son impact environnemental et l’on perçoit à quel point toute l’humanité est connectée comme un tout sur cette Terre.

Au niveau collectif, les entreprises se questionnent déjà sur les actions à mettre en place pour réduire leur dépendance en termes de sourcing, de production ou de logistique par exemple. Elles renforceront certainement leurs politiques environnementales et sociales.

Individus et organisations, ils sont nombreux à œuvrer pour la globalité, pour que cette pandémie s’éteigne, avec des initiatives de toutes part : fabrications de masques, de respirateurs, de blouses… mais aussi création d’applications, d’outils de communication, de réseaux d’entraide…

Enfin, les états coopèrent déjà avec la prise en charge de malades au-delà des frontières.

… vers le niveau TURQUOISE ?

Je ne peux m’empêcher de croire qu’une graine turquoise est également semée parce que si le coronavirus a provoqué une crise d’ampleur en quelques semaines, le changement climatique provoquera une crise d’une ampleur bien plus importante. Alors viendra le moment pour les conditions de vie nous pousseront à adopter une approche plus turquoise. Mais ça, c’est peut-être l’optimisme de mon profil orange ! *

 

*La théorie de Clare Graves constitue la base des outils de coaching RealDrives.

Références

Beck, Don Edward ; Cowan, Christopher C. Spiral Dynamics : Mastering values, Leadership, and Change. Oxford, Vlackwell Publisher 1996

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